La publication d’une œuvre inédite de Marc Bloch est en soi un événement, qui ne pourra manquer d’attirer l’attention du public. Ce serait une erreur cependant de considérer les deux Carnets publiés ici – son «anthologie personnelle» de notes et citations – comme un simple document historique. Le lieu auquel les carnets nous donnent l’accès, est le laboratoire de son expérience morale, politique, civique, fermé dans son ensemble jusqu’ici aux regards indiscrets – la prose scientifique de l’historien ne concédant rien, ou très peu, à la confession, à l’autobiographie, au détail intime. En marge de la publication des carnets – Quelques notes de lecture, 1917 et Mea, 1940 – dans une longue Postface, Massimo Mastrogregori analyse les écrits «politiques» de Bloch, notamment à partir de 1940, replace les notes de l’anthologie personnelle dans leur contexte, discute les enjeux, toujours actuels, de l’expérience politique de l’historien et de l’usage publique de l’histoire.